Le Canada a besoin d’un peu de chance pour obtenir des médailles au Championnat du monde à Budapest

10
août
2017

Hans van Essen (NED)

est l’éditeur en chef et le fournisseur de contenu créatif pour le site Judo Inside. En tant que journaliste Van Essen a visité un nombre incalculable d’événements. Ce judoka ceinture noire a dirigé les conférences de presse internationales aux Jeux olympiques de Sydney et d’Athènes et de divers championnats du monde et d’Europe. Il a de plus été responsable du service de presse lors de nombreux championnats du monde. Sa connaissance incomparable du judo international sera l’un de nos principaux facteurs de succès pour ce tout nouveau blogue.

 

 

Le Canada a besoin d’un peu de chance pour obtenir des médailles au Championnat du monde à Budapest

Quel va être le pays causant le plus de surprises? Ou quelle sera la nation la plus dominante? Ou encore quelle sera la position du Canada et quels athlètes brilleront tant par la forme, par la technique ou par leur domination, au premier Championnat du monde de cette nouvelle période quadriennale?

Voilà beaucoup de questions, et une bonne raison d’analyser les choses selon une perspective fondée sur les données. JudoInside.com figure en tête des listes connues jusqu’à présent pour analyser le Championnat du monde de Budapest. Et même si ce n’est pas chose facile d’analyser les tendances pour cette prochaine compétition, essayons tout de même d’y voir plus clair.

Lors du gala de la FIJ samedi, les meilleurs athlètes du dernier cycle olympique seront élus, et parmi eux figureront sans aucun doute Teddy Riner et Majlinda Kelmendi. Ils sont les têtes d’affiche de la FIJ, et même pour les Jeux olympiques (le Kosovo à titre de nouveau pays ayant remporté une médaille d’or) et pour les candidatures à l’organisation des JO (Paris2024).

En 2015, à Astana, le Japon a récolté six titres et le nombre incroyable de 15 médailles. Mais le pays du soleil levant a néanmoins manqué quelques occasions. Aux Jeux, même si le Japon a été la meilleure nation avec trois médailles d’or, on s’attendait à davantage. Cela nous a fait remarquer que le judo au plus haut niveau nécessitait de l’équilibre, dans tous les sens du terme. Surtout aux Jeux olympiques, qui peuvent encenser un athlète, ou le briser. Depuis Rio, plusieurs judokas n’ont participé à aucune compétition, comme Teddy Riner, Kim Polling et Beslan Mudranov. Mudranov a éventuellement été sélectionné pour Budapest, mais il s’est blessé et le champion d’Europe Mshvidobadze est son remplaçant naturel.

Les poids lourds et super-lourds sont moins intéressants pour le Canada. Alors commençons par les athlètes en lice dans la catégorie des moins de 66 kg, avec en tête le Japonais Abe, mais avec de nombreux poursuivants dont notamment An Ba-Ul. Il sera intéressant de voir le retour de Fabio Basile et de Mikhail Pulyaev, qui seront tous les deux des points d’interrogation, malgré leur base solide. Les moins de 73 kg sont très intéressants pour le Canada, qui aura deux représentants, mais face à de nombreux prétendants, parmi lesquels les Asiatiques ont dominé jusqu’à présent. Hashimoto et An Chang-Rim sont les hommes à surveiller. Ono, le meilleur athlète à Rio, ne s’est pas qualifié à cause d’une blessure subie au mois d’avril.

Antoine Valois-Fortier a remporté la médaille de bronze en 2015 à Astana chez les moins de 81 kg, une suite satisfaisante après sa médaille d’argent de 2014, mais son objectif est la médaille d’or. Et il a en fait de bonnes chances étant donné l’absence de Tchrikishvili, de Pietri et de Stevens, mais il devra compter avec la présence de la nouvelle génération des Khalmurzaev, Nagase et Khubetsov. Il est possible qu’Antoine fasse preuve de constance et procure à nouveau au Canada une place d’honneur au niveau mondial. Petite motivation statistique, Nicolas Gill, le meilleur performeur canadien au niveau mondial, a remporté trois médailles entre 1993 et 1999.

La troisième catégorie masculine où le Canada a deux représentants est celle des moins de 90 kg, une division qui sera privée du jeune Japonais Mashu Baker (blessé), de la sensation chinoise Cheng, et de Liparteliani, mais dans laquelle participeront Beka Gviniashvili, les techniciens Kukolj et Clerget, le champion du monde en titre Gwak Dong-Han et le favori local Krisztian Toth. Avec le jumeau Khusen Khalmurzaev, ils occupent les positions de tête, mais il y a de la place pour une surprise.

Selon moi, Kyle Reyes se trouve dans la division la plus difficile de tout le tournoi. En effet, la catégorie des moins de 100 kg chez les hommes  est extrêmement compétitive, avec notamment Haga, Korrel, Maret, Liparteliani, Gasimov, Denisov, Grol, Nikiforov, et Fonseca. Je pense que dans aucune catégorie les concurrents ne sont aussi proches les uns des autres, ce qui promet une compétition extrêmement intéressante.

La catégorie des lourds est dominée par Teddy Riner, mais il y a environ dix athlètes qui tenteront d’interrompre son incroyable série de victoires. Téléchargez gratuitement un extrait de JudoInside qui vous explique qui sont les 10 challengeurs de «big Teddy».

Chez les femmes, l’Asie va dominer les moins de 48kg et le Kosovo les moins de 52 kg…En effet, Majlinda Kelmendi est invaincue depuis octobre 2015 (Miranda) et Guica n’a pas trouvé la clé qui lui permettrait de résoudre le problème. Ecaterina Guica est la première Canadienne qui est classée en tête de série, sa position étant protégée à titre de numéro sept au classement mondial. Pour elle, une demi-finale n’est pas impossible, ce qui représente 50% de chances d’obtenir une médaille. Mais Kelmendi, Miranda, Shishime, Krasniqi, Kuziutina et Giuffrida représentent une opposition suffisante pour demeurer réaliste en ce qui concerne les chances de médaille.

La deuxième prétendante à une médaille est Jessica Klimkait qui a peu à peu accédé au niveau mondial en dépassant Beauchemin-Pinard et plusieurs autres. Elle a le rythme nécessaire, mais dans sa catégorie, il faut aussi de l’expérience et de la maturité. Dorjsuren, Silva, Yoshida, Gjakova et des vétérans comme Malloy, Monteiro, Roper, ou Filzmoser composent une liste impressionnante dans JudoInside mais Klimkait est la nouvelle venue qui peut capter les faux des projecteurs. Elle n’a jamais affronté Dorjsuren qui pourrait être son adversaire en quarts de finale, si tout se déroule comme prévu. Il est temps pour une nouvelle génération. Aucune des neuf médailles remportées par des Canadiens aux championnats du monde n’a été remportée par une femme. Le Canada est sur le point de mettre fin à cette tendance.

Trstenjak et Agbegnenou sont normalement les favorites pour le titre chez les moins de 63 kg. Après ces deux-là, il y a un gros groupe de prétendantes à la médaille de bronze. Dans un bon jour, Tremblay pourrait causer la surprise et atteindre les quarts de finale, mais il faudra franchir beaucoup d’obstacles.

Kelita Zupancic avait l’habitude d’être tête de série au niveau mondial, mais Kelita a remporté l’argent à Paris cette année, et s’est adjugé des médailles à des compétitions où les points n’influençaient pas un meilleur classement. Elle peut se retrouver n’importe où dans le tableau, mais de toutes façons, il faut être bon! Néanmoins …  Zupancic n’a pas besoin d’avoir peur, d’aucune d’entre elles, de nombreux jeunes talents sont classés en tête de série, mais le danger provient de celles qui ne sont pas classées en tête de série, à savoir : Polling, Conway, Diedrich, Perez, Gercsak, et Bolder. La Japonaise Chizuru Arai a les meilleures références de toutes.

La catégorie des moins de 78 kg est difficile. Aucune chance canadienne, mais les favorites sont françaises, néerlandaises et japonaises. Depuis la retraite de Kayla Harrison, Mayra Aguiar est probablement la seule qui pourrait à elle seule d’empêcher ces trois pays de l’emporter.

Avec une médaille d’or japonaise ou française chez les lourds, le Japon pourrait à nouveau atteindre les six médailles d’or de l’édition de 2015. Chez les moins de 60 kg, de 66 kg, de 73 kg, peut-être de 81, de 100 kg chez les hommes, et chez les moins de 48 kg, de 70 kg et les plus de 78 kg chez les femmes, ainsi que quelques surprises, le Japon a donné le ton dans le nouveau cycle olympique. Il sera plus intéressant de voir quel pays peut garder le cap. La France n’est plus aussi dominante qu’avant. La Géorgie n’est présente que chez les hommes, et elle ne domine pas. L’Azerbaïdjan est meilleur que jamais, mais il est bien possible qu’il reparte sans aucune médaille d’or. La Russie jouera un rôle chez les hommes, tout comme la Corée. Dans les classements mondiaux, il y a 14 pays différents en tête, par conséquent il est logique que beaucoup de pays différents remportent des titres. Pour être plus clair, il ne serait pas surprenant que le Japon soit fort, car sa faculté de remporter l’or est étonnante, et les reste du monde ne peut que regarder et apprendre comment il y parvient.

Chez les femmes, la Mongolie, le Japon, le Kosovo, le Brésil, la Slovénie et la France repartiront avec au moins une médaille d’or. Le Kazakhstan, les Pays-Bas et la Hongrie récolteront plusieurs médailles, et le reste, incluant le Canada, aura besoin d’une bonne journée pour rapporter une belle médaille de Budapest.

Consultez plus en détails toutes les prévisions, dans chaque catégorie, dans la couverture du Championnat du monde par JudoInside.

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