Priscilla Gagné vise l’or

24
avril
2018

Pour la première fois cette année, les spectateurs des championnats canadiens ouverts à Calgary pourront également voir des athlètes atteints de déficience visuelle en action, dans le cadre des championnats panaméricains IBSA. Une cinquantaine d’athlètes provenant de partout dans les Amériques s’affronteront pour obtenir le titre de champions continentaux. Priscilla Gagné, représentante du Canada, est particulièrement excitée du jumelage de ces deux évènements : « Ça va être la première fois que mes coéquipiers vont pouvoir me voir en action dans une compétition de haut calibre. On s’entraîne ensemble tout le temps, mais les compétitions ne sont jamais au même endroit. J’ai vraiment hâte de vivre ça, avec l’ambiance de toute mon équipe avec moi! »

Priscilla Gagné a commencé à s’entraîner en judo en 2009. À ses débuts, le soutien de sa famille était plutôt partagé. Son père et son frère l’encourageaient à sortir de sa zone de confort, tandis que sa mère mettait en doute son choix de pratiquer un sport de combat. L’athlète est atteinte de rétinite pigmentaire, une affection qui affecte sa vision centrale. La judoka vit avec son handicap depuis la naissance, mais n’a reçu son diagnostic qu’à l’âge de 24 ans. Malgré tout, elle a pratiqué la lutte lors de ses études secondaires, et elle a été membre de l’équipe nationale de goalball, un sport pour les athlètes aveugles et malvoyants. Ses débuts en judo ont été en douceur, mais depuis quelques années, elle se démarque sur la scène internationale et se consacre en entier à son entraînement. Elle a même déménagé à Montréal afin de pouvoir s’entraîner au centre national d’entraînement, qui se trouve au stade olympique. Même en dehors de l’entraînement, le judo l’a énormément aidée. Son équilibre s’est amélioré et elle a pu développer de bons réflexes lors de chutes, ce qui l’aide à moins se blesser.

Bien qu’elle vise l’or aux championnats panaméricains en mai, Priscilla refuse de se mettre trop de pression sur les épaules. « C’est un sport tellement difficile à prévoir, une seconde d’inattention peut nous faire perdre très facilement. Je veux l’or à chaque fois que j’embarque sur le tapis, mais je sais très bien que ce n’est pas toujours possible » explique-t-elle. De plus, plusieurs athlètes de la relève seront présentes à Calgary. Ces jeunes athlètes ne sont pas encore connues sur le circuit de compétitions, ce qui les rend imprévisibles.

Après cette compétition, la judoka sera en mode préparation pour les Jeux paralympiques de Tokyo. Son résultat à Calgary sera très important, puisqu’il lui permettra d’améliorer son classement mondial, et ainsi augmenter ses chances de se qualifier pour les Jeux de 2020. Après Tokyo, sans cesser l’entraînement, Priscilla aimerait s’impliquer davantage dans le recrutement des athlètes de la relève. « Depuis quelques mois, il y a un nouveau programme scolaire de judo pour les élèves malvoyants dans la région de Montréal. J’aime beaucoup m’impliquer avec eux et les aider, et j’aimerais pouvoir en faire plus. Ça sera ma façon de redonner à mon sport. »

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Écrit par Sarah Mailhot pour Judo Canada

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